16 janvier 2012

Nicolas Sarkozy - feu Michel Debré : Même combat ? - Discours d'Amboise -

Éditorial de lucienne magalie pons

Le Président de la République s'est rendu hier à Amboise pour célébrer le 100° anniversaire de Michel Debré, 

Le Président de la République  est arrivé à 10 h 30,  dimanche matin, au cimetière d'Amboise, ou repose l'ancien Premier ministre du général de Gaulle,  Michel Debré.

Il était accompagné notamment  d’Yves Guéna, président de l’Association des amis de Michel Debré, et de  Mme. Claude Gref, Secrétaire d’état chargée de la famille, élue de la région
Le Président de la République s’est  d’abord recueilli  sur la tombe de Michel Debré en présence des membres de la famille Debré,  avant de prononcer  au Gymnase de la ville un discours  très élogieux qui retraçait les racines familiales , les études,  la carrière et   les actions  politiques   de celui qui fut notamment l’artisan de la constitution de la V° république aux côtés du Général de Gaulle,  dont il fut le Premier Ministre.

Plus qu’une célébration d’anniversaire  c’est un hommage solennel  que le Président de la République   a  rendu à Michel Debré : «   C'est aussi, c'est d'abord au grand serviteur de l'État que la Nation rend aujourd'hui un hommage solennel » a déclaré Nicolas Sarkozy.

Devant  une assistance de quelque 2 000 personnes, composée de  militants UMP,  et de personnalités de la société civile et institutionnelle, réunie  dans le gymnase de la ville, Nicolas Sarkozy a  prononcé un long discours  « gaullien »  très politisé,  pour célébrer Michel Debré, entrecoupé  de vifs applaudissements

Plus qu’une célébration d’anniversaire  c’est un hommage solennel  très élogieux  que le Président de la République   a  rendu à Michel Debré :

 «   C'est aussi, c'est d'abord au grand serviteur de l'État que la Nation rend aujourd'hui un hommage solennel » a déclaré Nicolas Sarkozy au cours de son intervention étoffée à plusieurs reprises  de références historiques anciennes allant du Général de Gaulle pour remonter jusqu’à Jeanne d’Arc  en passant par Carnot, Gambetta, et Clémenceau, pour illustrer la personnalité et les références  morales et politiques de feu Michel Debré.

Nous n’entrerons pas ici dans une critique de ce que fût l’action politique de Michel Debré, nous dirons simplement que s’il est  remis à l’honneur  aujourd’hui  et encensé aujourd’hui pour ses prises de positions et ses œuvres et actions politiques,  notamment  par   les politiques qui se réclament du Général de Gaulle, il fût autrefois  très contesté au moment  des évènements de l’indépendance de l’Algérie, en effet  certains commentateurs actuels prétendent qu’il fut le défenseur de l’Algérie Française,  mais ceux qui ont vécu la guerre d’Algérie se souviennent que s’il était pour une certaine  forme d’association avec l’Algérie , il n’a jamais soutenue l’Algérie Française et de plus  qu’il a combattu ses partisans.

Mais, comme nous le savons,  les  politiques et les médias pseudo historiens,  et  pas seulement  depuis la période de décolonisation,   se plaisent  à réviser sans cesse les faits historiques et l’Histoire de la France,  au gré des changements politiques.

Pour revenir à l’intervention de Nicolas Sarkozy, elle  était  consacrée pour l’essentiel,  à célébrer les mérites politiques et moraux  de feu Michel Debré , mais il faut noter que le Chef de l’Etat  a saisi l’occasion  pour se placer  lui-même dans le discours  , - sur le ton de la confidence- , entre deux longs passages consacrés à feu Michel Debré , pour s’adresser implicitement aux Français,   en parlant de « la bourrasque  de la crise » , dont il  a développé la gravité en soulignant « qu’il faut  l’affronter, …  résister, se battre ….faire preuve de courage,  etc…. en annonçant dans cet impromptu qu’il dirait la vérité aux partenaires sociaux le 18 Janvier et qu’il parlera aux Français à la fin du mois, et  terminant par un appel  à prendre exemple sur ce que fit Michel DEBRÉ dans ces années exaltantes où se construisit réellement la France moderne.

 Voici  ci-dessous  cet impromptu extrait de son intervention :


« Permettez-moi ici une confidence. J'ai souvent réfléchi depuis que nous sommes dans la bourrasque de la crise. Je ne trouve pas d'autre guide à l'action, dans ces temps troublés, que ces deux mots : vérité et courage.

Depuis 2008, j'ai choisi de dire la vérité aux Français sur la gravité de la crise. Je leur ai dit qu'il s'agissait d'une épreuve pour la France qu'il ne fallait ni sous-estimer ni dramatiser à l'excès. C'est une épreuve. En tant que telle il faut l'affronter. Il faut résister, se battre. Il faut faire preuve de courage.

Le courage dont font preuve les Français tous les jours, dans leur travail. Le courage avec lequel ils acceptent les réformes difficiles, comme celle des retraites.

Pour ma part, à l'occasion du sommet sur la crise, je dirai la vérité aux partenaires sociaux le 18 janvier. Je parlerai aux Français à la fin du mois. Je leur dirai que comme en 1958, la crise peut être surmontée, pourvu que nous ayons la volonté collective et le courage de réformer notre pays. Car c'est le courage qui donne la force d'agir. La France est un grand pays. La France a souvent traversé dans son histoire des périodes difficiles. Croyez-moi, comme en 1958, elle saura se relever de cette crise.

Prenons exemple sur ce que fit Michel DEBRÉ dans ces années exaltantes où se construisit réellement la France moderne. »

Fin de l’extrait ../

 Le Président Sarkozy a quitté ensuite Amboise  pour regagner l'Élysée, où l'attendaient ses conseillers, selon les médias  pour une réunion portant sur la crise et... la perte du triple A.

ooOoo

(Info : Aujourd’hui Lundi, Le Président Français est en visite en Espagne)

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 LE DISCOURS D'AMBOISE

Madame la Ministre, Chère Claude GREFF
Monsieur le Ministre, Cher Maurice LEROY,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Nous voici réunis aujourd'hui à l'occasion du 100e anniversaire de la naissance de Michel DEBRÉ, tout prêt d'ici, à Montlouis-sur-Loire, d'un père qui allait marquer d'une empreinte profonde l'histoire de la médecine française en fondant la pédiatrie moderne et d'une mère, elle aussi médecin, qui serait l'une des premières femmes à devenir chef de clinique des Hôpitaux de Paris.

A mi-chemin entre l'Alsace, que son grand-père paternel avait quittée en 1870 pour ne pas perdre la nationalité française, et la région toulousaine d'où sa famille maternelle était partie au moment de l'affaire Dreyfus, il allait s'enraciner dans cette Touraine où il sentait battre le cœur de la France.

La France, elle allait occuper toutes ses pensées.

Comme le général de GAULLE il ne pouvait l'imaginer sans la grandeur et cette grandeur pour lui se confondait avec celle de l'État.
Si les circonstances jouèrent dans sa vie un rôle souvent décisif comme pour chacun d'entre nous, le choix de sa carrière, lui, ne dut rien au hasard et tout au goût profond du service de l'État qui très tôt s'était emparé de lui et ne le quitta jamais.

Nous ne célébrons aujourd'hui pas seulement l'homme de convictions qui mena avec tant de sincérité, d'énergie, de courage, d'obstination les combats qui lui paraissaient justes.

Nous ne célébrons pas seulement l'homme politique qui occupa tant de postes de responsabilité.
C'est aussi, c'est d'abord au grand serviteur de l'État que la Nation rend aujourd'hui un hommage solennel.

Grand serviteur de l'État, c'est une expression qui n'a d'équivalent dans aucune autre langue.
Car l'État occupe dans notre histoire, dans notre destin collectif, dans notre vie publique une place éminente incomparable à celle que bien souvent il occupe ailleurs.

En France, c'est l'État qui a fait la Nation, qui la porte, qui la maintient unie.

En France, lorsque l'État est faible, c'est la Nation tout entière qui se trouve affaiblie.

En France, lorsque l'autorité de l'État est contestée, c'est la cohésion nationale qui est menacée.

Michel DEBRÉ appartient à la longue lignée de ceux qui ont voué leur vie au service de l'État, et qui depuis des siècles le construisent et le reconstruisent contre les assauts, sans cesse répétés, de toutes les féodalités dont le Général de GAULLE disait « qu'elles n'aiment rien moins qu'un État qui fait réellement son métier et qui, par conséquent, les domine ».

Les grands serviteurs de l'État, ce sont eux qui ont fait la France, sa grandeur, sa force, sa liberté.
Ils ont accompli ce miracle, renouvelé de siècle en siècle, parce qu'ils ont choisi de servir une cause plus grande qu'eux-mêmes, parce qu'ils ont choisi de faire toujours passer l'intérêt national avant leur intérêt personnel, parce que pour eux, servir était une exigence intellectuelle et morale. Exigence si étrangère à tant de ceux qu'ils ont côtoyés, qu'ils furent souvent incompris.

Incompris, Michel DEBRÉ le fut par ceux qui ont toujours regardé le goût de servir et l'exigence morale en politique comme une forme de naïveté -- parce qu'ils ne croyaient qu'au cynisme. Il en souffrit. Sans jamais que cette souffrance le conduisit à renoncer.
Il appartenait à cette catégorie d'hommes qu'une sourde colère contre les forces du renoncement maintient en permanence dans l'action même quand celle-ci paraît désespérée.

Enfant, il avait déjà choisi ses héros préférés parmi les personnages de l'Histoire qui avaient incarné la résistance nationale dans les moments les plus désespérés : Jeanne d'Arc, Carnot, Gambetta,
 Clémenceau... Comment dès lors aurait-il pu ne pas devenir gaulliste quand le général de GAULLE, à son tour, allait incarner ce que MALRAUX appelait : « la force du non dans l'Histoire » ?

A la fin de ses études de droit et de sciences politiques, il choisit le Conseil d'État où il allait trouver, dira-t-il un jour, une « conception de l'État à la fois nationale, tolérante et démocratique ».

En 1939, il était officier de cavalerie. Fait prisonnier en juin 1940, il réussit à s'évader trois mois plus tard. En février 1943 il s'engagea dans la Résistance. Dès l'été il fut chargé d'établir la liste des préfets qui pourraient remplacer ceux de Vichy à l'heure de la Libération. En août 1944, à 32 ans, il était nommé Commissaire de la République à Angers.

Chargé par le général de GAULLE de préparer la réforme de l'administration, il créa en 1945 l'École Nationale d'Administration et la Fondation Nationale des Sciences Politiques.
Ce n'était que la première pierre de l'œuvre réformatrice incomparable à laquelle ce réformateur dans l'âme allait se consacrer sans relâche durant tout le temps où il exercerait des responsabilités publiques. Cet homme d'ordre était sans cesse porté vers le mouvement, la modernisation, le progrès. Il savait d'instinct que, dans un monde qui se transforme, l'immobilisme est mortel et que si les principes devaient rester constants, les institutions, les lois et les moyens devaient changer.

Épouser son temps, prendre à bras le corps les défis de son époque, telle était pour lui la condition de la survie de la France.
Il avait vécu comme une terrible souffrance la défaite de 40 et l'effondrement de la IIIe République.
Il avait eu le sentiment de revivre la même histoire avec le naufrage de la IVe République.

Relever l'État que le régime des partis abaissait. Le réformer pour lui rendre son autorité, son prestige, son efficacité, telle fut dès lors son obsession.

Dès 1947, il dénonçait : « la mort de l'État républicain ». Son constat était accablant : « notre État, disait-il, est incohérent, il est ruineux, il est inefficace ».

« Dans le même bureau on dit aujourd'hui au citoyen le contraire de ce qu'on lui disait hier ; on nie ici ce qu'on affirme à côté. »

« Le ministère des Finances, pensant au Budget, réclame des économies ; les autres ministères se croient déshonorés s'ils n'épuisent pas leurs crédits et si, d'une année sur l'autre, ils n'obtiennent pas d’augmentation.»

« C'est le mécanisme intérieur de l'État qui nous ruine. Les méthodes de travail sont souvent dispendieuses et les méthodes de gestion dévastatrices. »

« L'administration française ne manque pas de contrôles. On peut même dire que le contrôle est une de nos satisfactions nationales. Malheureusement on contrôle davantage la manière dont un service dépense que la dépense elle-même. »

Cela était pour lui d'autant plus une souffrance qu'il regardait l'État non comme une structure inerte mais comme « un être vivant, l'expression d'une communauté vivante comme une personne, vivante comme une famille ».

Mais ce constat qui pourrait valoir pour bien d'autres époques, et cette souffrance qu'il éprouva devant cette faillite ne lui firent pas baisser les bras.
Au contraire.

« Notre décadence, écrivait-il, à l'aube d'une carrière politique qui allait laisser une empreinte si profonde dans nos institutions, notre décadence ne nous est pas imposée par la fatalité. Elle n'est pas écrite sur le livre du Destin. C'est nous qui, chaque jour, l'écrivons. »
Et il allait contribuer à l'écrire.

Une question le hantait : « Que faire pour que la République soit capable d'assumer la France ? »
A la IIIe République, il reprochait d'avoir été malthusienne, d'avoir eu peur du marché mondial, d'avoir ignoré l'importance de la production et du commerce, de s'être résignée à la dénatalité, d'avoir fait preuve de lâcheté face à Hitler, de s'être réfugiée dans le pacifisme.
A la IVe République, il reprocha d'avoir brisé le rêve du gaullisme et de la Résistance en livrant l'État aux partis.
Il en voulait au régime de ne pas entreprendre les efforts nécessaires pour, disait-il, « hisser la Patrie au premier rang et l'y faire demeurer » parce qu'il mesurait le risque de devenir ainsi « le serviteur des autres, sans liberté, sans sécurité, sans prospérité ».

Bien plus tard, il résumera ainsi l'état d'esprit qui était le sien alors qu'il s'engageait dans la vie politique : « jeune bourgeois hostile aussi bien au conservatisme qu'à la lutte des classes, deux faces d'une même fausse médaille, je veux qu'un constant effort de travail, de recherche scientifique et technique, de modernisation agricole, d'élan industriel, de conquête de nouvelles énergies soit accompagné d'une inlassable volonté de solidarité collective et d'une inlassable ardeur de promotions individuelles ».

Il avait tout compris mais il ne voyait personne d'autre que le Général de GAULLE pour éviter que la France manquât son rendez-vous avec l'Histoire et s'engageât sur la pente du déclin.
En juillet 1946, il se rendit pour la première fois à Colombey pour convaincre le Général de GAULLE qui s'était retiré du pouvoir de revenir dans le jeu politique. Mais le Général qui ne voulait pas subir la loi des partis refusa.

Jusqu'en 1958, Michel DEBRE ne cessera de revenir à la charge et de tout faire pour que l'Homme du 18 juin s'impose à nouveau comme le seul recours.

En 1957, à l'heure où la IVe sombrait, il écrivait encore à ceux qu'il appelait « les princes qui nous gouvernent » : « A force d'attendre, il sera trop tard. »
Entre temps, il était devenu en 1948 sénateur d'Indre-et-Loire sous l'étiquette du RPF ce grand rassemblement populaire que le Général a voulu dresser contre le régime des partis. De retour sur sa terre natale que pendant dix ans il parcourut en tous sens, et qu'Alfred de VIGNY appelait « le jardin de la France », il allait à la rencontre de tous.

Bien plus tard, « C'est avec gratitude, dira-t-il, que j'évoque les visages de ces hommes à qui j'ai parlé en toute franchise et que j'ai écoutés avec intérêt ». Il dira aussi : « partout je rencontrais l'histoire ». Charles Martel, Charles VII, Jeanne d'Arc, François 1er... Il y rencontrait aussi la littérature : Rabelais, Balzac, Ronsard, Beaumarchais, Vigny...

En 1951, il était élu Conseiller Général du canton de Vouvray.
En 1966, il sera élu maire d'Amboise.

De cette ville à laquelle il se dévouera corps et âme il dira : « l'hospitalité comme l'esprit de résistance ont forgé son existence et sa loyauté, comme la douceur du climat et les mille et une ressources de la nature sur nos bords de Loire ont dessiné son caractère, ardent et serein. Amboise appartient à l'avenir tout comme le passé lui appartient... »

Par deux fois, il échoua à devenir député d'Indre-et-Loire. Ce double échec le conduisit à se présenter à la Réunion où il fut élu en 1963 dans la première circonscription de l'Ile. Il mettra toute son énergie et toute son intelligence dans l'accomplissement de ce mandat qui lui tenait profondément à cœur. Et le souvenir qu'il a laissé aux Réunionnais auxquels il a tant apporté montre que malgré des polémiques et parfois des incompréhensions cet homme exigeant qui voyait si loin et si grand avait su tisser avec ces Français d'Outre-mer des liens profonds d'estime et d'affection.
Mais son grand amour c'était la France, et la grande année de sa vie ce fut cette année 1958 où le Général de GAULLE revint au pouvoir.

D'abord Garde des Sceaux, le 8 janvier 1959 il était nommé Premier ministre. Il allait le rester jusqu'en 1962.

Ministre des Finances en 1966, ministre des Affaires étrangères en 1968, ministre d'État, ministre de la Défense en 1969, jusqu'en 1973. Il occupa tous les postes, toutes les fonctions, toutes les responsabilités, des plus humbles aux plus éminentes. Et il marqua chacune d'une empreinte profonde. Ce qu'il a accompli en fait l'un des plus grands réformateurs de notre histoire.
Au ministère de la Justice, il élabora la Constitution de la Ve République qui permet encore aujourd'hui à la France d'être gouvernée même quand elle traverse les épreuves les plus difficiles. Il bouleversa de fond en comble l'organisation de la Justice, créa l'École Nationale de la Magistrature, redessina la carte judiciaire.

A la tête du gouvernement, alors que la France devait faire face au drame algérien, il mit en œuvre le plan Rueff de redressement financier.

En 1958, le franc était attaqué, le déficit budgétaire paraissait insoutenable. Il fallait rétablir la confiance. Michel DEBRÉ fit alors le seul choix possible, celui de la vérité et du courage.


Permettez-moi ici une confidence. J'ai souvent réfléchi depuis que nous sommes dans la bourrasque de la crise. Je ne trouve pas d'autre guide à l'action, dans ces temps troublés, que ces deux mots : vérité et courage.

Depuis 2008, j'ai choisi de dire la vérité aux Français sur la gravité de la crise. Je leur ai dit qu'il s'agissait d'une épreuve pour la France qu'il ne fallait ni sous-estimer ni dramatiser à l'excès. C'est une épreuve. En tant que telle il faut l'affronter. Il faut résister, se battre. Il faut faire preuve de courage.

 
Le courage dont font preuve les Français tous les jours, dans leur travail. Le courage avec lequel ils acceptent les réformes difficiles, comme celle des retraites.

 
Pour ma part, à l'occasion du sommet sur la crise, je dirai la vérité aux partenaires sociaux le 18 janvier. Je parlerai aux Français à la fin du mois. Je leur dirai que comme en 1958, la crise peut être surmontée, pourvu que nous ayons la volonté collective et le courage de réformer notre pays. Car c'est le courage qui donne la force d'agir. La France est un grand pays. La France a souvent traversé dans son histoire des périodes difficiles. Croyez-moi, comme en 1958, elle saura se relever de cette crise.

 
Prenons exemple sur ce que fit Michel DEBRÉ dans ces années exaltantes où se construisit réellement la France moderne.



Il mit en œuvre le Traité de Rome. Il modernisa la fiscalité, l'agriculture, l'énergie, la recherche, lança un grand plan d'équipement pour la métropole et l'Outre-mer, mit fin à la guerre scolaire avec la loi sur la liberté de l'enseignement et la loi sur l'aide à l'enseignement privé, organisa l'enseignement professionnel agricole, développa l'enseignement technique, réorganisa les études médicales, créa les Centres Hospitaliers Universitaires, mit en œuvre une politique ambitieuse d'aménagement du Territoire.
C'est pendant qu'il était à Matignon que fut introduit le nouveau Franc, instauré l'impôt unique sur le revenu, généralisée la TVA, lancé le programme nucléaire et le programme spatial, créé l'aéroport d'Orly...
Au ministère de l'Économie et des Finances, il créa l'Institut National de la Consommation, introduisit la rationalisation des choix budgétaires, restructura le secteur des banques et des assurances, fonda la BNP, inventa les groupements d'intérêt économique, lança le marché hypothécaire, créa la Commission des Opérations de bourse, les Instituts régionaux d'administration, la Fondation de France.
Il institua les OPA et les dations, regroupa tous les services fiscaux dans la Direction Générale des Impôts...

A la Défense nationale, il créa le GIAT et l'Aérospatiale, lança le programme Ariane, rédigea le premier livre blanc sur la politique de défense.

Dans sa vie politique, il y aura une blessure, celle de l'Algérie. Il aurait voulu qu'elle restât associée à la France.

Mais cela n'entama en rien sa fidélité. Il dira « Ce n'est pas l'Algérie qui a fait mon « gaullisme » ; ce n'est pas l'évolution de la guerre d'Algérie qui l'a défait. Gaulliste de raison je le suis devenu en 1941 ; voyant l'état de la France sous la IVe République, je le suis demeuré. Le cœur a transformé une conversion raisonnable en un attachement indéfectible... »

Du cœur, il en mit à l'ouvrage, il en mit dans ses engagements.

C'est à cause de ce cœur qu'il mettait dans tout ce à quoi il croyait qu'il souffrit tant de l'affaire algérienne. C'est à cause de ce cœur qu'il mettait dans tout ce qu'il entreprenait qu'il fut si malheureux chaque fois qu'il se trouvât écarté des responsabilités. Non parce qu'il aimait le pouvoir pour le pouvoir mais parce qu'il ne pouvait supporter l'idée de ne plus être utile à son pays alors qu'il y avait toujours tant à faire à ses yeux pour qu'il ne sombrât pas à nouveau dans la facilité et dans l'impuissance.
Malheureux il le sera aussi de ne pas être assez écouté quand il pointera avant tout le monde les risques que faisait courir le désordre monétaire international ou la dénatalité, quand il défendra la nécessité d'une politique familiale ambitieuse ou quand il plaidera pour une Europe des Nations contre ce qu'il appelait l'Europe supranationale.

Son échec à l'élection présidentielle de 1981 le remplira d'une profonde tristesse non de ne pas avoir été élu car il ne l'avait sans doute jamais espéré, mais de ne pas avoir pu faire comprendre et partager cette idée de la France qu'il avait la hantise de voir mourir.

En 1988, cet homme si attaché à la culture et à la langue française fut élu à l'Académie française. Cette élection lui procura sa dernière grande joie parce que l'Académie était à ses yeux l'une de ces institutions qui s'inscrivent dans la longue durée de l'Histoire de notre pays et qui sont au cœur de son identité.
Et sans doute avait-il le sentiment qu'à travers elle l'idée si élevée qu'il se faisait de la France continuerait à vivre pour les siècles des siècles.

Avant que tout doucement la maladie ne l'affaiblisse et ne l'emporte peut-être n'avait-il pas retrouvé l'espoir que la jeunesse française puisse encore comprendre le message si exigeant mais si profond qu'il lui avait adressé un jour, avec son cœur. Mais peut-être que si...

« Jeunesse française, tu fais partie de la jeunesse du monde et ton destin est lié à celui de l'humanité. Mais tu as la responsabilité, et toi seule, de la France de demain. Ce que tu ne feras pas pour ta liberté, nul ne le fera. Ce que tu ne feras pas pour ton pays, garant de ta liberté, nul ne le fera ».

Michel DEBRÉ, grand serviteur de l'État, trop peu honoré, la France aujourd'hui se souvient qu'elle te doit beaucoup et elle te dit merci d'avoir tant fait pour elle.

Vive la République que tu as si bien servie
Vive la France que tu as si bien aimée.


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15 janvier 2012

Rachida Dati s'est amusée d'Aphatie : Chiche !

Éditorial de lucienne magalie pons

Tout le monde est au courant des différends qui opposent François Fillon et Rachida Dati pour les élections législatives, l'UMP a investi  François Fillon  pour se présenter dans la 2° circonscription de Paris, qui recouvre une partie du VII° arrondissement  dont Rachida est Maire et justement elle comptait elle-même présenter sa candidature, de là des articles fleuves dans certains  médias, et des déclarations de diverses personnalités poursoutenir François Fillon .

Madame Rachida Dati elle-même est  souvent invité sur les plateaux pour s'expliquer sur cette rivalité qui vient de se terminer au profit de François Fillon, et tout récemment c'est Jean-Michel Aphatie qui s'exercait à la cuisiner avec son insistance habituelle, quand il essaie de faire déraper ses invités.

Madame Dati ne s'est pas laissé démontée, elle a répondu calmement sans pour autant ménager ses appréciations à l'encontre de son rival( voir la vidéo n° 1) - De là certains  médias "torchons" et ils le sont presque tous,  ont immédiatement produit des articles en écrivant qu'elle avait attaqué violemment François Fillon !

Par contre je l'ai trouvée assez rieuse,  quand après avoir enduré  Aphatie qui  lui faisait valoir avec une pointe de méchanceté déguisée  qu'elle risquait d'être exclue de l'UMP si elle se présentait ( dans la 2° circonscription semble-t-il) comme elle en a l'intention, elle a répondu ..... Chiche ! ....Chiche !

Enfin pour passer  à la question de la parité de représentation féminine, soutenues par des femmes  politiques, notamment pour rester dans le sujet, trois femmes  ministres  Madame Bachelot,  Mme Jouanno, et Nasine Morano, celles-ci  n'ont pas levé le petit doigt pour défendre Rachida Dati,  bien au contraire ... Madame Bachelot est restée très évasive sous un ton doctoral comme si elle prescrivait une ordonnance générique pour faire passer un suppositoire,  Madame Jouanno a été très injuste ( vous lirez en revue de presse) en prétendant que Rachida Dati  se comportait comme une enfant gâtée à qui on aurait refusée un carambar, quand à Nadine Morano elle exclut toute candidature de Rachida Dati à Paris ...

Je n'ai pas les mêmes idées politiques  que Madame Rachida Dati , mais il faut reconnaître  que c'est une femme de caractère , très adroite , elle n'a rien d'une enfant gâtée, la vie lui a appris à se battre, la cabale qui s'acharne contre elle ne lui arrive pas à la cheville, la plupart de ses détracteurs  ou détractrices sont nés avec une cuillère d'argent dans la bouche, à défaut avec un environnement social favorable, ça ne leur donne pas le droit de se prendre pour ses censeurs.

 ndlr :Chiche ! ...  comme on dit "chez nous" !


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  4. Dati qualifie de "pantouflage" l'investiture de Fillon à Paris | Atlantico

    www.atlantico.fr/.../rachida-dati-francois-fillon-candidature-elections...
    il y a 2 jours – La maire du VIIe arrondissement de Paris affirme vouloir maintenir sa candidature à Paris aux élections législatives.
  5. dati rachida fillon ump piratage paris circonscription pantouflage ...

    actu.orange.fr/.../fillon-a-paris-pantouflage-pour-dati-qui-sera-candid...
    il y a 2 jours – L'eurodéputée UMP Rachida Dati a vu vendredi dans l'investiture de François Fillon à Paris un "pantouflage" qui "nuit à la campagne de ...
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    actu.orange.fr/.../legislatives-fillon-investi-sans-surprise-a-paris-guea...
    Rachida Dati, l'ancienne garde des sceaux n'aura pas d'investiture, à Paris, sur une circonscription acquise à la droite. Sans surprise non plus, le ministre de ...

Nicolas Sarkozy s'invite en Ariège le 17 Janvier

Éditorial de lucienne magalie pons

Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République, ( candidat présumé à  la présidence de la République )  en plus de ses déplacements à l’étranger,  s’invite régulièrement, deux ou trois fois par semaine ,  dans différentes régions de France, pratiquement   depuis le début de son mandat,   et  ses  fréquents voyages fortement médiatisés ont  souvent  donné l’impression qu’il était toujours en campagne présidentielle  depuis 2007.

Ses prédécesseurs ne se déplaçaient en régions qu’exceptionnellement,  soit pour une inauguration importante d’une nouvelle activité culturelle ou industrielle, ou encore pour des évènements vraiment  marquants.

Cette fois c’est le département de l’Ariège qui en principe accueillera  Mardi 17 janvier, le Chef de l’Etat et son  escorte, mais bien que tous les préparatifs  d’accueil  sont déjà pour certains déjà terminés et que d’autres se poursuivent et s’accélèrent,  le communique officiel de la présidence de la République annonçant cette visite n’est pas encore diffusé.


La presse locale rapporte les informations qui circulent  depuis plusieurs jours quand aux importants travaux et préparatifs qui s’activent et vont s’accélérant à l’approche du 17 Avril.

Tout d’abord les invitations de l’Elysée  porteraient sur 7000 invités, élus, professions libérales, monde enseignant, monde rural, monde artistique et culturel, décideurs de tous les secteurs,  selon les rumeurs locales tous ces invités sont relancés quotidiennement par la Préfecture de l’Ariège, deux à trois fois par jour en l’absence de réponse,  la Préfecture confirme qu’il s’agit d’une «  question d’organisation de la journée et de gestion des flux d’invités. «  

C’est  Alain Fauré,  Maire de Les Pujols et le Préfet de l’Ariège qui accueilleront officiellement le Président à sa descente d’avion à l’aérodrome de Pamiers les Pujols.

Toutes les mesures ont été prévues par les services d’ordre  pour que  la ville de Pamiers reste accessible à la circulation, sauf dans certains secteurs bien déterminés, aux alentours de Las Parets et de la Rijole.

Première étape  de la virée présidentielle, dès  l'arrivée à Las Parets, Nicolas Sarkozy sera accueilli par le maire, André Trigano, qui devrait être entouré  en principe des  élus invités soit  le sénateur et les deux députés de l'Ariège, le président du conseil général, le président de région.

Nicolas Sarkozy  sera  immédiatement  mis en contact  avec la réalité économique ariégeoise grâce une plateforme des produits de l'Ariège installée  à  Las Parets….une façon très conviviale de le mettre en bouche.


Le programme  précis  de la visite du Président dans l’Ariège  n’a pas encore été dévoilé officiellement par la Présidence de la République ,  mais  les autorités locales doivent le connaître puisque les rumeurs locales , les «  on  dit »  indiquent  que les  produits ariégeois seront  mis en évidence à l'honneur de cette visite présidentielle, que Nicolas Sarkozy pourra voir, apprécier et  goûter les produits des terroirs d'Ariège, on dit aussi au sujet du cheptel  que  le Président de la République  visitera  des Gasconnes, des Tarasconnaises et  une jument … mais on  dit aussi que l’on est  surpris  qu’au nombre des visites du parcours  ariégeois présidentiel ne figure pas une halte au 1er RCP qui a payé un lourd tribut au cours du conflit afghan , alors qu’il se trouve sur son chemin  à Pamiers.

Toutefois en dernière minute on dit que devant le mécontentement du régiment , une halte présidentielle serait à l’étude…ce qui serait tout à fait logique, comment peut-on supposer que le Chef de l’Etat visiterait des vaches  et des juments, sans rendre visite à nos valeureux soldats ?

D’après des indications la  visite du Chef de l’Etat  aurait pour thème  le monde rural, on peut aussi penser que c’est pour cette raison que les militaires auraient été oubliés dans un premier temps.


Une manifestation s’inscrit en prime  à l’occasion de la visite à Pamiers de Nicolas Sarkozy, en effet les syndicats  CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA ont  appelé au rassemblement à partir de 11 heures, place Sainte-Hélène à Pamiers


Selon la presse locale, en matière de sécurité, Michel Pagès , directeur départemental de la sécurité publique a indiqué :   «C'est le premier service d'ordre de l'Etat, une préparation lourde et complexe»,  De gros renforts sont attendus de Paris pour renforcer les effectifs ariégeois. , et il  a  prévenu  avec fermeté  «   si la manifestation de la place Sainte-Hélène est bien autorisée, aucun cortège ne sera admis, et aucun chahut ne sera toléré …. «Ce serait la meilleur manière de finir au tribunal», prévient Michel Pagès.. Enfin il parait que  d’ici  à mardi inclus tout le monde de la sécurité  doit être sur le pont,  notamment policiers et  gendarmes.

ooOoo

Préparatifs, travaux, circulation

On  n’a pas mégoté sur les travaux pour recevoir le Président et ses invités, moquettes neuves à Las Parets , parking de la Rijole  refait  à neuf… , mais  à  Pamiers  le Maire,  qui attend pour sa commune des travaux urgents,   en rit encore dit-on ( on n’ose pas dire qu’il rit jaune)  « On devrait calquer le parcours du Président sur  la carte des travaux urgents à réaliser à Pamiers » aurait-il dit.

On se doute bien que tous ces préparatifs ne sont pas passés inaperçus dans l’Ariège notamment à la  Rijole, des camions et camionnettes n’arrêtent pas de d’aller et venir,  tout le monde travaille  soit sur les accordements électriques, sur des travaux de sols, d'embellissement,  pour transformer une salle de sport standard en salle de réception , et même  les vestiaires du gymnase on été en partie démontés pour mettre en place une loge pour que le Président puisse prendre du repos avant ou après son meeting,

 Mais ce n’est pas tout,  il aura fallu enlever toutes les publicités des sponsors du basket et du hand, changer les rideaux fatigués, poser une moquette car le parquet de la salle va devoir accueillir environ 2 500 personnes, si,   comme il est prévu,  la moitié au moins   des invités répond au carton  d’invitation ,  enfin  tous les abords de la salle, parkings et voies d'accès ont été regoudronnés , et de nombreux porte-drapeaux ont été installés  afin que  Rijole pavoise pour recevoir le Président de la République.

Une petite déconvenue, la ville de Foix,  sollicitée par les organisateurs du voyage pour le prêt d’une machine à effacer les graffitis, ne pourra pas prêter sa machine, celle-ci se trouve malencontreusement  en panne … et .les organisateurs  seraient encore à la  recherche d’une machine   à effacer les graffitis  notamment ceux qui pourraient offenser le cheminement du président.


Même si l'on assure que la circulation et l'accès au périmètre sécurisé établi autour de la Rijole ne seront interrompus qu'au dernier moment, beaucoup  de particuliers ont opté pour ne pas se hasarder dans le secteur, certaines entreprises  auraient décidé de tirer le rideau  durant cette visite présidentielle pour éviter toute complication dans leur activité

 

14 janvier 2012

Le TRIPLE A - 1°) Intervention de François Hollande - 2°) Conférence de presse de Francois Fillon

Éditorial de lucienne magalie pons


Texte intégral de la déclaration de François Hollande 
"La France vient de perdre son triple A. Je n'ai jamais fait des agences de notations la référence ultime pour juger les politiques conduites par les États et encore moins par le notre.
Je déplore que l'Europe ne se soit pas dotée d'une agence publique indépendante pour évaluer la capacité des pays de la zone euro à rembourser leurs emprunts.

La dégradation de notre note financière est grave à un double titre :

Elle traduit un décrochage : celui de la France par rapport à l'Allemagne puisque nous ne ne figurons plus dans la même catégorie de pays. L’Allemagne a gardé son triple A, nous l’avons perdu.

Et en plus, nous avons décroché d'un cran avec une perspective négative.

La dégradation a aussi le risque de renchérir le cout de notre emprunt pour l’année qui vient : 180 milliards d’euros doivent être recherchés sur les marchés.

Tout écart de taux d'intérêt aura donc pour conséquence d'alourdir la charge des intérêts d'emprunts et de forcément de déséquilibrer d'avantage le déficit budgétaire.

Ce sont les Français qui risquent de payer la conséquence de cette dégradation.

Nicolas Sarkozy avait fait de la conservation du triple A, un objectif de sa politique, avait-il dit, une obligation pour son gouvernement. C’est ainsi qu’avait été justifié pas moins de deux plans de rigueur en 4 mois.  Cette bataille, et je le regrette, a été perdue. 

C'est la crédibilité de la stratégie conduite depuis 2007 qui est ainsi mise en cause : elle a manqué de cohérence, de constance et de clairvoyance, et surtout de résultats !

Nos déficits ont été considérablement augmentés, la dette atteint un record historique -600 milliards de dette supplémentaire depuis 2007- et notre compétitivité a été également affaiblie avec un déficit commercial de 75 milliards d'euros.

Ce sont donc ces justifications là qui ont conduit une agence à nous dégrader.

C'est une politique qui a été dégradée, ce n'est pas la France.

Notre pays dispose d'atouts considérables : une démographie dynamique, une productivité élevée, un savoir faire reconnu, et une qualité de services publics et une épargne abondante.
Notre pays, la France, peut réussir son redressement, mais à plusieurs conditions : 
-la première, c’est d’avoir une stratégie rétablissement de nos comptes publics, avec une programmation réaliste, un retour à l’équilibre vers 2017 et le souci à chaque étape de concilier effort et croissance.

-la seconde condition, c’est le soutien de l'activité et de l'emploi. Il n'y aura pas de maitrise de la dette s'il n'y a pas une capacité pour la France à produire plus et produire mieux. C’est pourquoi j’ai fait cette proposition d’un pacte productif pour notre pays.
-la troisième condition, c’est la justice, sans laquelle il n'y aura pas d'effort partagé. La réforme fiscale est un préalable. Il ne peut pas être question, chacun peut le comprendre, de demander des sacrifices aux Français si les privilégiés, eux-mêmes, y échappent.

C'est tout l'enjeu du scrutin de 2012 : mettre la France sur le chemin du redressement, dans la justice et par la croissance.

L'autre enjeu qui est également souligné par les décisions de cette nuit : c’est la sortie de la crise de la zone euro.

Car rien n’est réglé. Après 16 sommets de la dernière chance, et avec autant de communiqués de victoire, nous constatons que la Grèce est au bord de la rupture ; que l’Espagne, l’Italie, le Portugal ont été dégradés à un tel point que la question de leur accès au financement est posée, avec des conséquences très graves en terme de coût de cet endettement.

L'accord européen du mois de décembre est d'ores et déjà regardé comme insuffisant, et il l’est ! D'où la nécessité d’y ajouter ce que j’ai moi-même avancé il y a plusieurs semaines : c’est à dire une dimension de croissance et de changer les modes d'interventions de la Banque centrale européenne, au bénéfice des Etats et non plus seulement des banques.

Dans ce moment difficile pour la France et pour l’Europe, chacun doit faire preuve de responsabilité. Rien n'est pire que la fuite en avant et l’improvisation. Je demande au gouvernement d’être conscient que ce n’est pas l’annonce encore de mesures fiscales qui viendra rassurer les Français et même les marchés.

Pour ma part, je dis aux Français que nous avons les moyens de réussir notre redressement dans la justice et avec une volonté commune de préparer l'avenir.

Ma volonté, dans cette campagne qui s’ouvre, et ensuite si les Français m‘accordent leur soutien, c’est de redonner la confiance indispensable à la France et de considérer que ce qui doit être changé ce n’est pas le rapport aux agences de notation ou aux marchés, mais le rapport que les Français entretiennent avec leur dirigeants, avec lesquels ils doivent être en mobilisation pour que notre pays soit le seul enjeu des élections qui viennent."

LES CHIFFRES CLES (Janvier 2012)
Déficit de la France en 2011 : 
  • 5,5% du PIB en France 
  • 1% du PIB en Allemagne
Balance commerciale : 
  • 75 milliards d'euros de déficit en France
  • 160 milliards d'euros d'excédent en Allemagne 
Taux d'intérêt des emprunts d'états :
  • 3,1 % en France
  • 1,75 % en Allemagne
Augmentation de la dette publique lors du dernier quiquennat :
  • 612 milliards d'euros

EN SAVOIR PLUS 
Entretien de François Hollande au quotidien Le Monde, samedi 14 janvier



"C'est une politique qui a été dégradée, ce... par francoishollande

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LCP - Conférence de Presse du Premier Ministre
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Perte du triple A : les premières réactions... par LCP



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Triple A : réactions en continu ( a suivre)

Éditorial de lucienne magalie pons

REVUE DE PRESSE ( médias-presse et audio-visuels)

AAArgh
Perte du triple A: Nicolas Sarkozy face au réel
La perte du triple A français accélère la crise de la zone euro
Hollande estime que Sarkozy a perdu la "bataille" du triple A


"Il faudra du temps pour retrouver le triple A" par Nouvelobs



Les réactions politiques à la perte du triple A... par Nouvelobs

Perte du AAA : toutes les réactions, Actualités

www.lesechos.fr/.../0201842345147-perte-du-aaa-toutes-les-reaction...
François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle française, estime .... On assiste ce soir à un déchaînement de réactions contre Nicolas Sarkozy ... 


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Perte du Triple A : Répercussions

Éditorial de lucienne magalie pons



Il n’est pas  décent de considérer la dégradation de la note d’un pays  comme un incident sans influence sur la politique de son gouvernement.

Certains soutiennent que les agences de notation ne font pas la politique des gouvernements, certes  ils peuvent réagir   de manière différente, les uns par des plans d’austérité, les autres en assurant en assurant qu’ils continueront à ignorer ces notations et poursuivront sur leur ligne  sans pénaliser leurs populations (on se demande comment, ils ne nous l’explique pas) et qu’ils leur pays est capable  de rembourser  ses  dettes, mais dans tous les cas ces derniers passent sous silence qu’ils auront des difficultés à emprunter puisque même si les agences de notation ne « font pas la politique des gouvernements » , ils devront emprunter à des taux plus élevés de même que leurs banques, qui en conséquence n’auront plus la marge de manœuvre nécessaire pour accorder des crédits aux entrepreneurs, artisans et entreprises. 

Les agences de notation sont des organismes qui n’ont jamais prétendu faire la politique des gouvernements, les notes qu’elles publient sont des indicateurs destinés à informer les organismes financiers préteurs,  prétendre échapper aux conséquences financières de leur sanction est mentir délibérément.

La politique de la langue de bois mensongère  des dirigeants  qui tente de placer  des œillères sur le regard critique de ceux qu’ils gouvernent    peut créer l’illusion à court terme, mais les experts financiers, qui ne sont pas tenus d’encenser les  discours politiques, et   tirent la sonnette d’alarme et  au final ce sont eux que nous devons prendre au sérieux.

La France a perdu Hier  sa note financière AAA, la meilleure possible,  abaissée d'un cran à AA+ avec perspective négative, confirme l'agence d'évaluation Standard and Poor's.  Les experts financiers et économiques  estiment que cette perspective négative signifie que l'agence envisage de dégrader à nouveau cette note à moyen terme. La chance de dégradation en 2012 ou 2013 est d'"au moins une sur trois".

 Standard & Poor's  a  motivé la dégradation de   la note de la France en raison "de l'aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires dans la zone euro à laquelle la France est étroitement liée".

"Ce n'est pas une bonne nouvelle" mais ce n'est "pas une catastrophe", s'est efforcé de relativiser le ministre de l'Economie François Baroin.

 Des paroles  que nous pouvons considérer  en l’air et que l’opposition considèrent comme une réaction électoraliste à l’approche de l’élection présidentielle de 2012 .

La France n’est pas le seul pays concerné par la dégradation de sa note , et il est irresponsable de soutenir que ce n’est pas une catastrophe ,  quoiqu’en dise la Commission Européenne et les dirigeants français qui se montrent abusivement euphorique dans leur réactions,  certains pays  qui n’ont pas été dégradés dans la zone Euro continueront à bénéficier continueront à bénéficier d’emprunts à taux favorables, les dégradés rameront pour essayer de se maintenir à leur niveau, une inégalité des  moyens d’emprunts entraînera la croissance des pays non dégradés,  et les  9 pays dégradés au contraire creuserons leur déficit avec pour conséquences une croissance  en baisse, un accroissement du chômage, une détérioration  du pouvoir d’achat et des protections sociales.

Les dirigeants des pays qui se trouvaient sous la menace d’une dégradation de leur note par les Agences se berçaient d’illusion en estimant  qu’ils les  feraient rentrer dans le rang  en dénigrant leur influence, et se faisaient fort d’échapper aux conséquences de leur sanction. Ils sont maintenant au pied du mur des réalités, ils ne s’en sortiront pas en assurant que’  ce n’est pas une catastrophe ».

 La France et 8 autres pays de la zone Euro viennent de  prendre  un coup dur, l’abaissement qui les concerne ne passera pas comme une « lettre à la poste »les marchés ont déjà accusé le coup, ce qui s’interprète comme un signal de défiance à l’encontre de la zone euro la zone euro »

 Voici les nouvelles notes attribuées à la dette de long terme des 17 Etats membres de la zone euro par l'agence d'évaluation financière Standard and Poor's, qui en a abaissé neuf vendredi soir:

ALLEMAGNE: AAA confirmé, perspective stable

AUTRICHE: note abaissée d'un cran, de AAA à AA+, perspective négative

BELGIQUE: AA confirmé, perspective négative

CHYPRE: note abaissée de deux crans, de BBB à BB+ dans la catégorie des investissements spéculatifs, perspectives négative

ESPAGNE: note abaissée de deux crans, de AA- à A, perspective négative

ESTONIE: note confirmée AA-, perspective négative

FINLANDE: AAA confirmé, perspective négative

FRANCE: note abaissée d'un cran, de AAA à AA+, perspective négative

GRECE: CC, perspective négative (le pays n'était pas concerné par les décisions de vendredi)

IRLANDE: BBB+ confirmé, perspective négative

ITALIE: note abaissée de deux crans, de A à BBB+, perspective négative

LUXEMBOURG: AAA confirmé, perspective négative

MALTE: note abaissée d'un cran, de A à A-, perspective négative

PAYS-BAS: AAA confirmé, perspective négative

PORTUGAL: note abaissée de deux crans, de BBB- à BB, dans la catégorie des investissements spéculatifs, perspective négative

SLOVAQUIE: note abaissée d'un cran, de A+ à A, perspective stable

SLOVENIE: note abaissée d'un cran, de AA- à A+, perspective négative.


 

Perte du Triple A - Pour le Ministre Baroin "ce n'est pas une catastrophe -

Le président Sarkozy  faisait du maintien du "triple A" une priorité nationale en  y voyant "un objectif et une obligation".

 Mais la  décision de S&P  qui était  attendue depuis début décembre, quand l'agence avait menacé d'abaisser la note de 15 Etats de la zone euro,  est arrivée  hier soir., 9 pays de la zone Euro sur les 17 pays membres sont dégradés, dans le cas de la France la note a été baissé d’un cran.

Standard & Poor's a  précisé  avoir  dégradé  la note de la France en raison "de l'aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires dans la zone euro à laquelle la France est étroitement liée.

Ceci valait bien une réunion de crise  à l’Elysée, « puisqu’ils le valent bien »  comme le dirait la publicité !

Les médias en effet annonçaient  hier cette réunion comme « une réunion de crise », en fait après coup on peut considérer qu’il s’agissait d’une réunion de concertation pour disculper et  justifier la politique du Gouvernement et rassurer la classe politique et la population.

« C’est une mauvaise nouvelle,  mais ce n’est pas une catastrophe, d’après  le  Ministre  Baroin , lequel  hier soir,  au sortir  de la  « réunion de crise »  à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon et la ministre du Budget Valérie Pécresse,  est intervenu sur France 2,  alors que les réactions de l’opposition fusaient de toutes parts  en chaîne depuis 16 heures :

« Ce ne sont pas les agences de notation qui dictent la politique de la France",  a-t-il avancé   en assurant qu’après ceux d'août et de novembre 2011 il  n'y aura "pas de nouveau plan de rigueur car ce n'est pas une question de rigueur budgétaire",  et notamment  en  attribuant la décision de Standard and Poor's (S&P) à un "problème de gouvernance" au sein de la zone euro.

« L'agence n'a finalement dégradé la France que d'un seul cran »  a indiqué François Baroin. Mais elle a épargné l'Allemagne, qui conserve son "AAA".

 Ndlr : en fait c’est  un décrochage  confirmé entre les deux premières économies de la zone euro, ce que le Ministre n’a pas souligné.

Dans la soirée la Ministre Valérie Pécresse a pris le relais,  dans une interview à l’AFP elle a soutenu notamment dans ses propos : «Aujourd'hui, la France est une valeur sûre, elle peut rembourser sa dette et les nouvelles concernant notre déficit sont meilleures que prévu", en réaffirmant :

"Notre stratégie économique ne changera pas: c'est le désendettement, la compétitivité et son potentiel de croissance",  en  jugeant par ailleurs "absolument nécessaire que la convergence franco-allemande se poursuive".

Ndlr : comme d’habitude la France se raccroche aux basques  de l’Allemagne pour  rehausser  son  profil  mais cette fois  nous ne sommes plus à égalité ….

L’Allemagne parait se prêter au jeu, en fait du haut de leur Triple AAA maintenu, elle peut se montrer  encourageante,  elle aussi  a besoin  d’être courtisée  pour en jeter dans la zone Euro :


"La France est sur la bonne voie", a réagi le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble. "Nous devons tous ensemble tenir les règles, renforcer la compétitivité, nous le faisons tous ensemble", a-t-il ajouté



Note :   ce qui en fait réduit à sa substance est  un encouragement à soutenir la politique de l’Allemagne.

Sous le couvert de  ces   euphorisantes déclarations  politiques à vapeur euphorisantes,  des répercussions  dommageable pour la France et d’autres pays sont déjà  apparentes :



- Pour la France,  alors qu’elle doit émettre pour 178  milliards   d’euros d’obligations  la perte du triple A pourrait  avoir une  première répercussion, en effet  une dégradation de la note financière se traduit en principe par une hausse des taux d'intérêt.

- Les places financières en Europe, qui étaient en hausse jusqu'en début d'après-midi dans la foulée de nouvelles émissions obligataires réussies en Italie, signal initialement perçu comme un début d'accalmie de la crise, ont toutes terminées dans le rouge.


- Les marchés obligataires et les Bourses, qui avaient déjà  intégré le risque d'une dégradation  des notes, ont résisté tant bien que mal, Paris perdant  0,11% et Francfort 0,58% et  l'euro dégringolait par rapport au dollar, tombant à son plus bas niveau depuis août 2010, à un peu plus de 1,26 dollar.

 - Par ailleurs, L'abaissement de la note de la France, deuxième contributeur derrière l'Allemagne des fonds de soutien aux Etats de la zone euro en difficulté financière, risque d'ébranler ces mécanismes  déjà  en peine à endiguer la propagation de la crise.

 - une  mauvaise nouvelle est arrivée vendredi d'Athènes, épicentre de la crise de la dette depuis début 2010. Les banques ont annoncé qu'elles suspendaient leurs négociations avec la Grèce sur les modalités de la restructuration de sa dette publique en laissant entendre qu'elles pourraient revenir sur leur engagement à en effacer volontairement une grande partie.
 
(à suivre)

Relais d'informations : Les délégations Russes et Ukrainiennes sont arrivées ce 2 juin 2025 au Palais Ciragan d'Istanbul (Turquie) pour reprendre de nouveaux pourparlers

Les délégations arrivent au Palais Ciragan d'Istanbul (Turquie) pour les pourparlers entre la Russie et l'Ukraine, le 2 juin 2025.  ...